Hourra, perdu ! 499 ans Marignano

Une action d'«Art+Politiqe»

Textes


Dix-huit autrices et auteurs suisses, toutes générations et toutes origines régionales confondues, ont écrit des textes au sujet de 499 ans Marignan.
 

Sommaire textes    

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Alberto Nessi

Il mestiere delle armi

Dico Marignano e mi viene in mente laffresco di Ferdinand Hodler del Museo nazionale di Zurigo: quei giganti dallaria rude e macellaia (bestiali, vittoriosi et insolenti, li definisce Niccol Machiavelli, villan brutti Ludovico Ariosto), sgargianti di colori, fieri ma avviliti, stavolta, per la batosta subita; quei corpi muscolosi da pastori di vacche come li chiamavano, sprezzanti, i Tedeschi che, con movenze solenni, imbracciano picche e alabarde e portano i feriti sulle spalle; quegli stendardi sottratti al nemico: tutta quella teatrale sfilata limmagine idealizzata della violenza dei tempi. La guerra, ancora allinizio del sedicesimo secolo, era una specie di tauromachia, uno sport brutale ma nobile e anche quasi sacro, afferma Denis de Rougement. Brutale sicuramente, ma nobile e sacro non sono sicuro: nobile rapinare, incendiare, saccheggiare? Sacro, difendere principi stranieri, re e papi? Ammazzare e farsi ammazzare per denaro (Point dargent, point de Suisses)? E addirittura, in certi casi, trovarsi a combattere fratelli contro fratelli, assoldati dalle due parti? A Marignano, dove si svolse la battaglia pi atroce fra quelle combattute in Italia, gli Svizzeri, aizzati dal fanatico cardinal Schiner avvolto nel suo mantello di porpora in sella a una mula bianca, persero dodicimila uomini. Un macello. E persero il ruolo di potenza europea.

Le presero dai Francesi di Francesco l, forti dartiglieria e cavalleria, come, per restare in ambito sportivo, la nostra nazionale le ha prese questanno dalla Francia, ai mondiali di calcio. Ma, forse, non tutto il male vien per nuocere perch, dopo la catastrofe, i nostri antenati la smisero con le velleit espansionistiche. Gli Svizzeri armatissimi e liberissimi (ancora Machiavelli) tirarono i remi in barca per dedicarsi alle beghe di casa; anche se non abbandonarono il mestiere delle armi, liberissimi di servire i liberticidi durante la Rivoluzione francese (furono gli ultimi a difendere Luigi XVI dagli assalti del popolo, alle Tuileries, facendosi massacrare) e attivi come mercenari fino a met Ottocento.

Le conseguenze di Marignano? I manuali di storia parlano del concetto di neutralit, nato da quella carneficina: ma noi oggi sappiamo che si tratta di un mito: basti pensare al traffico darmi organizzato in Svizzera, sia da parte di mercanti internazionali o di societ multinazionali dorigine straniera, che hanno il loro quartier generale a Zurigo o Ginevra, sia da parte di societ autoctone (pensiamo a Bhrle, uno dei fornitori darmi pi importanti durante la Grande Guerra). Conteneva dunque gi una sua verit la formula, certo un po a effetto e altisonante, di Chateaubriand: Neutri nelle grandi rivoluzioni degli Stati che li circondavano, gli Svizzeri si arricchirono sulle disgrazie altrui e fondarono una banca sulle calamit umane.



Alberto Nessi (1940) vive a Bruzella, nella valle pi meridionale della Svizzera italiana. stato insegnante. poeta e narratore. Pubblicazioni pi recenti: La prossima settimana, forse, ed. Casagrande, Bellinzona (apparso anche in traduzione francese, tedesca e portoghese); Ladro di minuzie, raccolta antologica di poesie, ed. Casagrande, Bellinzona.





David Collin

Fter Marignan, dfaire la pense

La Retraite de Marignan (1897-1900), est une fresque que Ferdinand Hodler ralisa pour rpondre au concours de dcoration du Muse national suisse Zrich. Le peintre nattnue en rien la brutalit du combat, le choc de la dfaite. Membres sectionns, uniformes dchirs, visages meurtris, porte-drapeau clou au sol, transperc par son tendard en lambeaux. Le mythe du mercenaire suisse invincible en prenait un coup, tandis quen France 1515 na cess de rsonner comme une victoire crasante que tous les coliers connaissent.

Porte-drapeau bless. tude pour la lunette gauche de La Retraite de Marignan , 1896 Mine de plomb, plume et encre de Chine, crayon de couleur et gouache sur papier mis au carreau - 243 x 318 mm
Muse dart et dhistoire MAH, Genve, photo : Andr Longchamp

Lanne 1515 marquerait aussi pour les Suisses le dbut dune dtermination, la naissance de la neutralit頻 helvtique. Du moins cest le mythe que certains aimeraient consolider.

Dailleurs, pourquoi clbrer la dfaite, sinon pour glorifier une neutralit qui a du plomb dans laile, et qui au temps dune mondialisation permanente des conflits, auxquels nous ne pouvons pas rester insensibles, ne devrait plus tre un simple mot vid de tout contenu, et derrire lequel on se barricade aisment en jouant sur lignorance des uns, sur la crdulit craintive des autres. En Suisse, les promoteurs de la commmoration de la bataille de Marignan, et par consquent de la droute qui sensuivit, ressemblent tonnamment aux trois petits singes du mythe. Ils adoptent les mmes gestes, les mmes particularits : ils se bouchent les oreilles, deviennent insensibles aux sons extrieurs, aux voix des rfugis, manipulent les images du pass et le langage avec une propagande dun autre temps, manire de museler la parole, de faire taire lintelligence, et refusent de regarder en face, ferment les yeux devant la ralit brutale de notre temps: celle des exils qui fuient la guerre avec leur famille dcime, le traumatisme au corps, lme blesse, mais qui parviennent parfois, malgr tout, trouver une faille pour entrer en Suisse. Que savons-nous de ces gens-l, qui pourraient tre nous, de leur souffrance? Pourquoi leur opposer une bataille dun autre temps, tel un bouclier pineux, pour justifier leur renvoi? Pourquoi brandir le spectre dun bouleversement sans justification, cens balayer la Suisse daujourdhui? O sont les vraies victimes ?

Marignan est un symbole. La dfaite revient sans cesse hanter les esprits, la peur de lchec aussi, la peur tout court. Mais ce nest pas en clbrant cette bataille, ni aucune bataille dailleurs, et par une incroyable pirouette la dfaite prtendument fondatrice de la neutralit suisse, salvatrice dune pseudo-intgrit, quon vitera le vritable dsastre: la dfaite de la pense, pour reprendre le mot du philosophe, qui ne cesse de menacer les individus et le sentiment dhumanit, quon pitine svrement dans les priodes de repli sur soi. De grands aveuglements collectifs ont t orchestrs par des manipulateurs qui jouent avec le pass au lieu de prendre, face la destruction gnralise, leurs responsabilits. Clbrer Marignan est une nouvelle dfaite, revient btir les bases dun ressentiment dangereux, qui, nous le savons bien, ouvre les portes de nouvelles barbaries; celles qui viennent de lintrieur, contre lennemi de lintrieur qui aurait rendu la dfaite possible, contre lennemi futur qui pourrait surgir du dehors. Et cela, en fermant tout possibilit daccueil.

Barbarie, le mot vous semble fort, mais peut-tre quil ne lest pas assez force dtre entendu, dform, et lui aussi vid de sa substance. Mais on voit bien le mouvement qui dans lEurope entire, largissant les territoires de lextrme droite une population de plus en plus large, combat la prsence de ltranger, resserre ltau sur ce mme territoire, claquemur sur lui-mme, imposant tous son nationalisme mortifre, fustigeant les sans-terres, les migrants et les gens du voyage. Sans comparaison, sinon dans lutilisation politique dune dfaite, on sait de quelle manire Hitler lui-mme, ancien combattant traumatis de la Grande Guerre, utilisa lhumiliation subie par les Allemands aprs la signature du Trait de Versailles, suite au conflit de 14-18, pour difier de nouveaux remparts de haine, et prparer une revanche dvastatrice.

Clbrer Marignan en Suisse, en faire un spectacle, ce nest pas seulement clbrer une neutralit ngative, cest construire sur des marais, creuser des tranches l o lon devrait dresser des ponts, proposer non seulement un repli (la retraite), mais prparer les esprits la violence dun refus permanent, difier des barrires culturelles aussi hautes que les murs de honte qui sparent les peuples travers le monde, et dont la construction, en Suisse, a subit une nouvelle et sombre pousse, le 9 fvrier 2014.

David Collin, juin 2014



David Collin est crivain, diteur et producteur radio. Auteur de deux romans (Train fantmes, Seuil, 2007 et Les Cercles mmoriaux, L'Escampette, 2012), il a publi plusieurs livres en collaboration avec des artistes, de nombreux articles publis en revue en France et en Suisse, et dans des ouvrages collectifs. Il en a co-dirig plusieurs, dont Les Mots du gnocide (Metispresses, 2011), et 1913 (Revue Hippocampe).
Bibliographie : fr.wikipedia.org/wiki/David_Collin.

www.davidcollin.net





Daniel de Roulet

bersetzung: Maria Hoffmann-Dartevelle

An Herrn Ueli Maurer

Sehr geehrter Herr Bundesrat,

499 Jahre, das reicht. Sie werden doch wohl nicht ein ganzes Wahljahr lang die alte Marignano-Leier wiederholen, unter dem Vorwand, wir Urschweizer seien jetzt seit fnf Jahrhunderten neutral, frei und meistbietend verkauft.

Die Schweizer Neutralitt wurde nicht 1515 erfunden. Sie wissen genau, wie die Sache damals gelaufen ist: Nicht die Eidgenossen waren es, die, wie Sie sagen, in Marignano gekmpft haben, denn die Berner, Solothurner, Freiburger und Walliser waren schon nach Hause gegangen, von den Franzosen dafr bezahlt, dass sie nicht gegen sie kmpften. Auerdem sollten wir nicht vergessen, dass die, die geblieben sind, gar nicht richtig ausgerstet waren, da das pltzliche Auftauchen der leichten Reiterei die Kriegskunst verndert hatte. Aus Kroatien, Albanien und Bosnien stammende Stratioten Mittelstrmer und Rechtsauen in einem, aber zu Pferde , lsten in der Mailnder Ebene das Massaker an unseren Landsleute aus. Haben Sie nicht Angst, Ihre Whler knnten sich darber wundern, dass Sie diese kriminellen auslndischen Angreifer feiern, die unsere Infanteristenkultur nicht respektierten?

Die Sache ist schon einmal gehrig schief gelaufen, und zwar vor hundert Jahren, am 400. Jahrestag der abgedroschenen Schlacht von Marignano, als der Maler Ferdinand Hodler den Auftrag bekommen hatte, ein Fresko fr das Schweizerische Landesmuseum zu malen. Er hatte an das Massaker erinnert, hatte das vergossene Blut und den Rckzug dargestellt. Damals hatte sich alles, was unser Land an Obersten, nationalistischen Bankiers und Kitschknstlern hatte, gegen die Ausfhrung dieses groen Werks gewehrt. Dabei ist Holder, wie Sie wissen, im Ersten Weltkrieg nicht neutral geblieben, hat es gewagt, sich gegen die Bombardierungen einzusetzen, was ihn teuer zu stehen kam. Wenn er wsste, dass Ihr Herr Blocher heute seine Werke sammelt, wrde er sich im Grab umdrehen.

Und hundert Jahre spter wollen Sie das alles noch einmal aufrollen. Eine Gedenkfeier mit martialisch anmutenden Zgen. Unter der Fuchtel eines Obersten, des ehemaligen Chefs der Banco di Roma und der UBS, kndigt uns die Stiftung Pro Marignano ihr Programm an: eine gemeinsam mit dem Vatikan herausgegebene Sonderbriefmarke, ein Wettschieen im Tessin, zwei Gottesdienste (einen fr die bosnischen Reiter?), einen dreisprachigen Cartoon, die Restaurierung eines Beinhauses, einen Pavillon im Landesmuseum (ohne Hodlers Fresken?). Bei der Mailnder Weltausstellung im nchsten Jahr plant auerdem die unsgliche Prsenz Schweiz, in allen Einzelheiten wahrscheinlich zwischen Toblerone, Stewi-Wschestndern und Schweizer Messern die Vorteile unserer angeblichen Neutralitt in der heutigen Welt darzustellen: Europahass, Bankensicherheit und Schutz der Urschweizer seit fnf Jahrhunderten. Wieder die alte Marignano-Leier.

Unter diesen Umstnden, sehr geehrter Herr Bundesrat, drfen Sie sich nicht wundern, wenn ein paar von uns Bewohnern dieses schnen Landes lieber Hopp Schwiiz rufen, als ein ganzes Jahr lang Ihre olle Leier zu wiederholen.

Hochachtungsvoll.



Daniel de Roulet, geboren in Genf 1944, ist der Verfasser von La Simulation humaine, einer Folge von zehn Romanen, dessen letzter 2014 erschienen ist: Le dmantlement du cur. Er schreibt regelmssig Kolumnen und Essais, zuletzt Ecrire la mondialit.

www.daniel-deroulet.ch





Laurence Deonna

Cessez de remonter le temps, comme les saumons remontent les rivires !

Je rve. Alors, comme a, de nos jours, lre des drones, lre de WikiLeaks et de ces gadgets espions qui sauront bientt tout sur nous tous ; en ce 21me sicle qui nous envoie en pleine gueule un Big Bang qui nous laisse les mains lies, affols, inquiets, sans savoir ce quil adviendra de notre futur, il y a des Suisses qui sont en train de rcolter des sous et qui en reoivent beaucoup dans le but de fter dignement , lanne prochaine en 2015, le cinquime centenaire de la folle bravoure dont firent preuve les mercenaires suisses en 1515. Lors de cette fameuse bataille de Marignan dont tous les coliers ont nonn le nom et dont ils ne se souviennent dailleurs que parce ces 1 et ces 5 , cest joli voir, et cest facile mmoriser.

Au lieu de leur ressasser, ces mmes, la sempiternelle rengaine bataille-de-Marignan-1515, faites leur dcouvrir, et nous galement dailleurs, une autre Suisse que celle de ces mercenaires moyengeux de 1515. Que la jeunesse simprgne des rcits, parfois insoutenables, de notre histoire contemporaine, afin que leur conscience les pousse clbrer les pacifiques, plutt que les va-t-en-guerre.

Remonter lhistoire du sang, toujours lhistoire du sang, croire que ces esprits obtus, ces esprits figs ne sont pas capables de se choisir une autre devise De plus, ils enfouissent scandaleusement la mmoire des femmes, qui, elles aussi, ont fait ce pays. Voyons Messieurs, enfourchez vos lunettes : des femmes, nen voyez-vous pas autour de vous ? Elles brillent mme au Conseil fdral. Redescendez dans votre sicle. Cessez de remonter le temps, comme les saumons remontent la rivire !



Laurence Deonna, reporter-crivaine-photographe, Genve, 2014.





Heike Fiedler

.o..ai..a..e. (*)

Javoue, je ne la connaissais pas, cette bataille, alors que beaucoup la connaissent. Peut-tre suis-je la seule ne pas la connatre, peut-tre que dautres ne la connatront pas non plus demain. Pouvoir dire la connatre ou pas implique en tout cas tre vivant.e. Ou lavoir t.

On dirait que ce nest pas trs important de savoir si ceux et celles qui ne sont plus vivants la connaissaient et cela ne lest probablement pas. (ne pas barrer) De toute manire, on ne peut pas le savoir (quoi), puisquils ou elles sont mort.e.s. moins que quelquun.e nait transform sa connaissance en publication historique, ou politique, ou stratgique, ou en oeuvre artistique, en critique, en tudes sociologique et cetera avant de mourir. Il va de soi que les guerriers de jadis et leurs familles et leurs ami.e.s et les ami.e.s de leurs ami.e.s et ainsi de suite la connaissaient galement. (terbarr)

Je me demande, si cest une lacune importante de ne pas savoir ce que cest, cette bataille, et je ne pense pas que cen soit une. Quoique, depuis que je sais quelle a exist, elle ne me sort plus de la tte.

Cest peut-tre parce que je pense cause aux des morts qui la connaissaient de prs (en gras). Au fond, leur mort me laisse plutt (barrer plutt) indiffrente. Aprs tout, ils sont tombs ( la guerre) morts parce quils y taient et ils auraient pu ne pas y aller. (Ny va pas)

Je ne ressens videmment pas ce genre dindiffrence vis--vis de ceux et celles qui meurent dans les batailles sans (mme) y tre all.e.s, sans avoir jamais pens song pouvoir y mourir un jour.

Malbrough sen va en guerre. On connat la chanson.(**) Il semblerait que certain.e.s font la guerre parce quils ne peuvent pas faire autrement. Parfois, on y envoie mme des enfants. Lautre jour, jutilisais (t) et dans un contexte compltement diffrent le mot boycotter. Un jeune ma demand ce que ce mot voulait dire et moi, je me disais voil, il y a la mmoire des choses que lon transmet, tandis que dautres on les laisse tomber dans loubli, il se peut que jexagre.

De toute manire (attention au nombre de mots) au nom de quoi me permettrais-je de juger ce qui est bon dtre rappel et ce qui ne lest pas? Il me semble toutefois plus important de fter ce qui maintient la vie une fois quon est sur terre (ne pas barrer), au lieu de clbrer les batailles, mme sil y a dfaite.

On dit que depuis, il y a la neutralit, dautres objectent quelle est venue seulement plus tard et maintenant, ceux qui dfendent quelle est arrive cause de la bataille veulent dpenser beaucoup de sous pour sa clbration. Ils veulent aussi organiser des tirs. Daccord, ils ne tirent pas sur des tres vivants. Or, les armes, il faut bien les fabriquer pour les faire exister et lon en fabrique beaucoup par ici de toutes sortes. Parfois, on les re-trouve dans dautres pays, lautre jour en Syrie. De manire gnrale, lexportation se porte plutt bien. Cela na rien faire, jen conviens, avec une bataille qui sest passe une poque o lon utilisait encore des lances.

Il ne faut pas (se) mlanger les pinceaux non plus pourquoi a marrive parfois(.)

Heike Fiedler juin 2014


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(*) C.nn..ss.nc.s

(**) Mes filles ont appris cette chanson la crche, Le dserteur la maison. (laisser ou barrer?)



Heike Fiedler, Autorin, Poetin, intermediale Performerin. Seit 2000 intensive Teilnahme an internationalen Literatur- und Poesiefestivals, Lesungen, Musikfestivals. Fhrt Ateliers im Bereich creative writing und performance writing. Konzeption und Realisierung pluridisziplinrer Projekte (La Btie-Festival de Genve, festival Posie en arrosoir). Zahlreiche Publikationen in Zeitschriften, Anthologien, CDs. Mehrere Schreibresidenzen (Fondation Ledig-Rowohlt, LArc Romainmtier). Fr ihre TexTRaumprojekte erhielt sie mehrere Stipendien von Stadt und Kanton Genf, Untersttzungen von Pro Helvetia. Bcher: langues de meehr, sie will mehr (edition spoken script).

www.realtimepoem.com





Isabelle Flkiger

bersetzung: Maria Hoffmann-Dartevelle

Marignano, usw.

Es war einmal eine Schar tapferer Krieger, die wurden die Schweizer genannt. Sie hatten dicke Bergsteigerwaden, und hin und wieder schleuderten sie Baumstmme auf ihre Feinde (Morgarten, 1315). Sie waren so stark und so wild, dass alle Frsten Europas und sogar der Papst irrsinnige Summen bezahlten, um diese Mnner in ihrer Armee zu haben. Von ihrer Kraft profitierend, hatten die Krieger jenseits des Gotthardmassivs mit Eroberungen begonnen; das Tessin gehrte ihnen schon. Langsam breiteten sie sich nach Sden aus, und wo immer sie anrckten, lsten sich die gegnerischen Truppen auf wie alte Kaugummis. Einmal aber waren sie nicht einer Meinung. Die einen wollten mit dem Feind, der ihnen zahlenmig berlegen war, verhandeln, die anderen wollten kmpfen. Wir lassen uns doch nicht einfach so ausbluten, sagten die einen sinngem und zogen ab. Die anderen blieben. Sie waren zu wenige; es kam zum Massaker (Marignano, 1515). Das gab ihnen zu denken. Also gengt es nicht, tapfer zu sein, sagten sie sich. Um den Feind zu bezwingen, msste man immer einer Meinung sein. Dem Tod ins Auge zu sehen, das ging ja noch an, aber immer derselben Meinung zu sein, wenn man nicht aus demselben Kanton kam, das berstieg ihre Krfte. Dann lieber neutral werden, sagten sie sich resigniert. Und zogen nie mehr von sich aus in den Kampf.

Den Nationen Europas gefiel diese Idee so gut, dass sie beschlossen, die Schweizer Neutralitt sei im Interesse ganz Europas (Wiener Kongress, 1815). Das hinderte sie allerdings nicht daran, sich stndig in die Angelegenheiten der ehemaligen Krieger einzumischen, ihnen zu sagen, wen sie bei sich aufnehmen und wen sie verjagen sollten. Also gengt es nicht, neutral zu sein, stellten diese rgerlich fest. Um in Ruhe gelassen zu werden, muss man sich Respekt verschaffen. Zornig wie einst, schwangen sie tapfer den Sprengstoff der Christen, ihre einzig verfgbare Waffe: die Gte. Unsere Aufgabe ist es, die Gechteten zu verteidigen!, riefen sie laut. Und die Nationen Europas wandten sich berrascht der Stimme zu, die da ertnte. Sie klang so richtig, dass man ihr einfach zuhren musste, der klaren Stimme jener Krieger, die den Schwachen verteidigten (IKRK, Asylrecht, die Schweiz der Guten Dienste, Friedenserhalt , usw. usf.). So verschafften sich die Eidgenossen Respekt und einen Platz in dem, was man das Konzert der Nationen nennt, weil sie das entwaffnende Lied des Guten erklingen lieen.

Deshalb sind die Schweizer, wenn sie die Geburt ihres schnen Vaterlandes zu feiern haben, so gerhrt und dankbar fr die groe Niederlage bei Marignano. Dem Fest aber wrde etwas fehlen, wenn sie vergen, dass nur die lauthals verkndete Aufgabe, die Schwachen und Gechteten zu verteidigen, ihnen zu Zeiten, da sie stumm waren, eine Stimme gab.



Isabelle Flkiger (1979) hat vier Romane geschrieben, deren jngster, Best-seller, 2011 erschienen ist. Sie hat zahlreiche Preise und Arbeitsstipendien erhalten und schreibt derzeit an ihrem fnften Buch. Sie lebt und arbeitet in Bern.





Sylvain Thvoz

A Marignan comme au Brsil

La Suisse est invincible

499 annes aprs Marignan: hourra on va prendre notre revanche sur le monde. Les bires le coca cola sont au frais. Cest cool. Les chips sont sur la table, les crackers dposs sur un coin de table, le drapeau ajust au balcon, bien accroch autour des bgonias. Vive la coupe du monde. L'appartement est nettoy pour les copains, tout est propret, tout bien, les voisins sont avertis. Ce soir, les ttes vont tomber. Guillotine pour le perdant. Marque ou crve dsormais. La Suisse est au pied du mur, tout le monde est descendu dans les ravins. Au pied du canap, on se serre les coudes. Hallebardes descendues des galetas, les drapeaux au garde vous sur les hampes. Hop Suisse!

Le sport, cest la poursuite de la guerre par dautres moyens. Mme en petits morceaux, il faudra passer le pige. Les oiseaux volent haut dans le ciel. Les mercenaires de Milan, de Turin, dAngleterre sont bien prpars. Franois premier a bien dispos sa dfense. Il a repositionn lattaque. Lartillerie franaise commande par le snchal dArmagnac est au top, ils ont revu leurs schmas au tableau noir. Les suisses sont invincibles, cest leur rputation. Hop Suisse!

On va passer l'paule, on mettra le pied devant, l'orteil dans le frigo, le gigot sur la broche, l'arcade sourcilire s'il le faut. Tant pis pour le vase du salon, la paix du couple. Les hommes se jettent genoux pour prier le Seigneur suivant l'usage de leurs pres. Ils se mettent en marche, font encore des signes de croix au moment dentrer sur le champ; arrachent un peu dherbe aux mottes du terrain. On retient son souffle. La tension est palpable. Le coupe-coupe du rsultat est li au chip-chip des sifflets de l'arbitre. Hop Suisse!

Il gagne cest notre hros, il perd cest un yougo

Maintenant, on dit on tout le temps, on dit on quand on achte les saucisses Shaqiri la Coop, les barres de crales Drmic Denner; on dit on quand on boit le coca cola Behrami, on se gratte le slip en mme temps que l'quipe forme le mur : mimtisme. On dit on, on sourit un peu, on va gagner : champion du monde c'est bien possible. Hop Suisse! Deux fois Drmic sest vu refuser la nationalit Suisse. Quand il gagne cest notre hros, sil perd cest un yougo. Ottmar Hitzfeld hiss sur un char fleuri dans les rues de Berne, imagine le spectacle, le champagne coule sur les pavs. On a quand mme battu l'Islande, Chypre et l'Albanie... mme le Honduras y est pass. On est les favoris, des invincibles. Hop Suisse. Reprends un peu de bire, opium pour le peuple. On carbure l'hlium, on a les poumons bien gonfls. Soyons euphoriques, de bons nationalistes. Le drapeau c'est si bon. Marignan 1515, Brsil 2015, cest la mme prparation: marque ou crve. On va laver le vieux sang avec de la sueur, la dfaite des mercenaires avec la victoire des sportifs millionnaires. Adidas et Puma quipent maintenant les culs la place du cuir.

Foot: cannibalisme guerrier

Il faut dvorer l'adversaire, l'avaler tout cru, mais pas le mordre c'est interdit; tre agressif, avoir faim de ballons, dvorer les espaces, bouffer le gazon comme disent les "spcialistes". Libre champ aux pulsions sadiques, aux mtaphores guerrires. Le foot c'est la baston: il faut relever le dfi physique. Vive le culturisme et les canons. Perdre c'est mourir, gagner c'est survivre jusqu'au prochain combat. La faim justifie les milieux de terrain. Ne soyons pas trop gentils, gagnons. Malheur aux vaincus. Laile gauche de larme commande par le duc d'Alenon flchit face au gros de l'ennemi. Les suisses poussent comme des brutes. Larbitre va siffler la mi-temps. Les Vnitiens, arrivent sur laile avec 3000 cavaliers la tte des fantassins et de cavaliers lgers, originaires de Grce ou d'Albanie, voire de Croatie et de Bosnie. Ils dfoncent les suisses. Et un et deux et trois zros! Les anglais, les portugais, les italiens sont dj limins du terrain avant mme d'avoir combattu. Leurs supporters ont droit un second choix. Il faut imaginer Sisyphe jonglant avec un ballon, Guillaume Tell tirant un pnalty devant une foule d'bahis, et Marignan comme un camp dentranement avant le mondial.

Fuck France

C'est parti pour les hymnes : sur nos monts quand le soleil annonce: demain on sera champion du monde. On se regarde le nombril on twitte on se rgale, ce n'est pas tous les jours que l'on redouble le 1e aot. On peut dire du mal des franais les salauds nous ont battu Marignan plate-couture. On peut les har les mpriser ce sont les pires chauvins nationalistes. On peut dire : je supporte la Suisse et n'importe quelle quipe qui battra la France et se rapprocher du camp de ceux qui disent: je supporte toute quipe qui battra l'Algrie surtout si c'est l'Allemagne. On peut laisser libre cours son racisme, fleurir son dipe, son complexe d'infriorit, sa mesquinerie. Le foot autorise et atomise tout. Il n'y a pas que le foot dans la vie, non, il y a le machisme helvtique aussi. Fuck France, a permet de ressouder les liens.

Hop Suisse!

Marignan 1515, Brsil 2014: mme combat. On peut mordre une paule, donner un coup de boule, se rouler par terre pour rien, peut prendre le ballon de la main, arracher le tibia de son adversaire, refaire le match mille fois entre le bureau et la chambre coucher, tomber, tomber encore, faire semblant de tenir debout, traiter les autres de fils de P**** tre d'une formidable mauvaise foi, crier sur la mamy qui passe devant l'cran, klaxonner comme des brutes rouler comme des mules, hoqueter seul dans son coin. Il faut hisser haut le drapeau, montrer son enthousiasme. Les mercenaires de Milan, de la Juventus de Turin feront bien leur boulot cette fois. Un jour bientt, on sera champions du monde. Hop Suisse!

Hros ou zro, a ne tient rien. Vae victis, malheur aux vaincus. A la guerre comme la guerre. Demande Maradona ce qu'il pense de Verdun, il te dira tout le bien quil pense de Suarez. Les mercenaires doivent tout donner, mourir sur le terrain s'il le faut. On peut rver encore et montrer qu'au klaxon les suisses sont aussi adroits; la vnration du maillot on est au niveau des meilleurs. Pour l'instant, ne plus parler soleil amour posie. Tant que roulera le ballon, on continuera d'exister. Quand il s'arrtera il y aura peut-tre le tour de France pour se consoler. Enfin, non, pas le tour de France, il y a trop de drogus, c'est un milieu qui n'est pas trs sain. Plutt un conflit en Syrie en Ukraine, la poursuite de la colonisation en Isral, cest si bon dy vendre nos armes made in Switzerland. Hop Suisse! On est si bien chez soi.

Demain on sera champions du monde. La petite Suisse deviendra grande, norme. Elle fera sauter la banque. La Suisse est invincible, Marignan comme au Brsil. Si ce n'est pas le cas, on votera UDC, faut quon retrouve un jour notre grandeur nationale, et une vraie haine de nos voisins pour faire copain-copain avec lIran. On est encore un peu trop gentils.



Sylvain Thvoz est n Toronto en 1974. Il a tudi Montral et Bruxelles, est anthropologue et vit Genve. Il y travaille dans laction communautaire. Son premier recueil de posie, Virer large course court, a t publi aux ditions du Miel de lOurs en fvrier 2008. La revue des Belles Lettres (RBL) a publi en janvier 2009 six pomes ainsi qu lautomne 2010: Deleuze RIP. Il poursuit une collaboration intense avec le pote Patrice Duret dont sont issus Courroies arrobase frontires (2009), Les sanglots du sanglier (2012), Pote sacr boulot (2013) et le court mtrage Posie pour les btes, ralis au zoo de Servion par Jacques Zrcher (Studio Panoramix). Il publie en 2014 De mort vive aux ditions des sables. Le pamphlet Suisse, Phallus, Dmocratie molle est publi lautomne 2014 aux ditions Hlice Hlas.

www.viceversalitterature.ch/author/2940





Donat Blum

Gerade noch rechtzeitig

Zum Glck schreibe ich sie 2014 diese Zeichen. Gerade noch rechtzeitig, bevor mein Schweizer Geist 2015 in Marignano verteidigt werden wird. In anderen Bereichen hatte ich weniger Glck. Die Geistige Landesverteidigung hat sehr gut gewirkt. Dass wir die beste Schoggi haben, den besten Kse, die praktischsten Messer und exaktesten Uhren das wurde mir durchaus eingeschrft von unserem kollektiven Bewusstsein. Da half auch kein halbherziges Globi- und Papa-Moll-Verbot meiner Eltern. Immerhin konnte ich meine Brille nachschrfen und ich musste einsehen: Mal abgesehen von den Schweizer Uhren werden wir von Belgien, Frankreich, bei den Messern sogar nahezu von der ganzen Welt bertrumpft. Aber was schreibe ich da? Mit BERTRUMPFT bewege ich mich noch im Jass- und knapp nicht im Kriegsjargon. Aber das WIR, dieses schauerliche Wort das kam gerade eben sehr nahe bei VOLK zu liegen. Nach jeder Abstimmung sprechen wir davon: Das Volk hat entschieden, das Volk will dies und nicht jenes. Als ob es nur eines gbe. Als ob es nicht nur ein verschwindend kleiner Teil aller in der Schweiz wohnhaften Leute wre, die sich in den Abstimmungen berhaupt geussert haben; sich berhaupt ussern drfen. Und in einem Jahr soll mir nun noch die Dimension erffnet werden, von der ich in meinen 28 Jahren bisher ziemlich verschont geblieben bin: Das Volk ist nicht nur heute, nein wir waren auch schon vor 500 Jahren. Und die Crux: auch dann schon neutral. Nein, ich korrigiere: Gerade deswegen neutral so wird behauptet. Weil sich Tausende von Leuten abgeschlachtet haben, so viele, dass man irgendwann aufgab zumindest die, die das dann noch konnten. Oh, Switzerland is a nice country. Its very peaceful its neutral, right? Wie oft habe ich diese Frage im Ausland gehrt. Am allermeisten in China, wo ich whrend einem Jahr lebte, wohin ich immer wieder gereist bin. Wir sind neutral. Es schaudert mich. Hat das nicht noch nie etwas anderes geheissen, als wir schauen nur fr uns? Und gemeint ist nicht das wir, das es in der lngst globalisierten Welt noch zu schtzen glte nein, mit wir ist nicht die Menschheit gemeint, sondern die, die eh schon alles haben. Wir, wir privilegierten Schweizer, die Schlachten von vor 500 Jahren herbeiziehen, um Nationalismus zu feiern, statt unseren Geist zu ffnen. Wer die Militranlagen in der Normandie gesehen htte, der htte anders abgestimmt beim Gripen, sagte mir krzlich ein Bauer in einem Gesprch fr eine Reportage zum Stadt-Land-Graben. Dort fuhren selbst Trams in den kilometerlangen Tunnels unter der Erde. Seine Augen funkelten von der martialischen Kraft, die sich ihm offenbart hatte. Sinn und Unsinn spielen keine Rolle mehr. Kraft, Strke ist geil, schreibe ich diesen Text zu Ende, whrend ich mich freue, wie im Hintergrund die Schweiz gegen Honduras den Einzug ins Achtelfinal erkmpft.



Donat Blum, 1986 in Schaffhausen geboren, schreibt und lebt in Biel. Seit 2011 ist er Student am Schweizerischen Literaturinstitut. Er schreibt Prosa und hat krzere Texte in Zeitschriften und Magazinen verffentlicht u.a. Fabrikzeitung und Quottom. Er ist Kolumnist beim Bieler Tagblatt.





Hans Peter Gansner

DSchssbude zu Melegnano (2015)

Chmed cho schsse, ier Schwiizer Manne,
in helle Schaare und im Kampfesruusch!
Packen dFlinte mit de schwielige Hnd!
Uf de Schiibe gsehn dr euri eigne Landslt,

Die mend ier treffe, und zwor zmittst ins Herz!
Denn gits nomol direkt uf dKralle nen Extra-Sold
in klingender Mnze us Gold und Silber, und e Kranz,
und geili Fraue, fr die wo unbewiibt sin cho!

Drum: Frisch gewagt! Achtung, Fertig, Schuss!
Noch em Wettschsse wird gratis Vino, Grappa und
Gelati fr dFamilia usgeh! Und fr eure Heim-Transport
Zum Abschluss sin schu Bahre und Krcke parat

im Fall dass fr de neint oder de nander Gigant
d Spezialtransport berhaupt no ntig stt si
Well, wies im Marignanolied heisst: Pfeifen
sind das Leben / Und die Trommeln sind der Tod.



Hans Peter Gansner, geboren 1953 in Chur, studierte Germanistik, Romanistik, Kunstwissenschaft und Philosophie in Basel, Theater- und Filmwissenschaft in Aix-en-Provence. Er war bis 1984 als Theaterkritiker und Gymnasiallehrer in Basel und Liestal ttig und arbeitet seit 1985 als freier Schriftsteller, Publizist und bersetzer.





Charles Heimberg

bersetzung: Maria Hoffmann-Dartevelle

1515, Marignano, na und?

1515, 13. und 14. September, so lautet das Datum einer ohne Frage denkwürdigen Schlacht, der Schlacht von Marignano. Sie ereignete sich in der Lombardei, an einem Ort, der heute Melegnano heißt und in der Nähe der Großstadt Mailand liegt.

1515, so lautet auch der Titel des verlockend klingenden, aber enttäuschenden Werks eines kompetenten und innovativen Historikers namens Alain Corbin. Eigentlich handelt es sich dabei um ein Gemeinschaftswerk, das unter seiner Leitung entstand und dessen vollständiger Titel etwas länger ist: 1515 et les grandes dates de l'histoire de France. Revisitées par les grands historiens d'aujourd’hui (1515 und die großen Momente der französischen Geschichte. Von den großen Historikern der heutigen Zeit neu beleuchtet). Ein vielversprechender Gedanke: sämtliche historischen Ereignisse, die in der dritten Ausgabe eines Schulbuchs aus dem Jahr 1938 – L’histoire de France à l’école (Französische Geschichte in der Schule) von Toutain und Blanchet – behandelt werden, neu zu beleuchten. Und heutige Historiker zu bitten, sie unter Berücksichtigung des aktuellen Stands der Forschung hinsichtlich eines möglichen Bedeutungswandels zu kommentieren. Doch leider erscheint der Text des Geschichtsbuchs von 1938 gar nicht in diesem Werk, nur die Fakten, auf denen es aufbaut; und überdies verdirbt einem zu guter Letzt ein nostalgisches, konventionelles Schlusswort zur zwingenden Notwendigkeit von Chronologie beim Erlernen von Geschichte die Lektüre.

1515 als historisches Datum – und das gilt gewissermaßen für alle historischen Daten – steht also zweifellos auch für eine bestimmte Auffassung eines auf besonders hervorgehobenen Ereignissen und auf Chronologie aufbauenden Geschichtsunterrichts. Eine solche Auffassung kann geradezu absurd sein, nämlich wenn damit das Auswendiglernen von Daten im Dienst einer erbärmlichen Schlachtengeschichte gemeint ist; sie kann aber auch vernünftig sein, wenn das Ziel ist, den Schülern mehr oder weniger zahlreiche und gut geordnete Bezugspunkte zu vermitteln und sie unter Umständen auf der Grundlage geschichtlicher Fragestellungen zu kritischem Denken anzuleiten.

1515 ist in erster Linie ein typisches Beispiel für das, was der Historiker Jocelyn Létourneau aus Québec als «mythistoire», als Geschichtsmythos oder -legende bezeichnet, das heißt, als ein historisches Ereignis, das um eine mythische Dimension in Form einer Bedeutungserweiterung oder mitunter sogar einer regelrechten Umdeutung ergänzt wurde. Geschichte lernen heißt dann nicht nur, eine Rekonstruktion vergangener Gegenwarten, also der mehrheitlichen Erfahrung von Akteuren der Vergangenheit vorzunehmen, indem man sich in ihre jeweilige Gegenwart und ihre Ungewissheiten hinein versetzt, sondern auch, die gegebenenfalls existierende mythische Dimension zu demontieren, um am Ende das zurückzubehalten, was einem erlaubt, die Vergangenheit zu verstehen und ihr auf der Basis wissenschaftlicher Kriterien eine bestimmte Bedeutung zu geben. Und eventuell, warum nicht, auch die Funktionen und die Verwendung jener mythischen Dimension zu untersuchen.

1515, Schlacht von Marignano: Zunächst erweist sich das Ereignis als ein Geschichtsmythos aus der Perspektive der französischen Geschichte. Zunächst einmal als ein vernichtender, nicht ohne die Hilfe rasch in Vergessenheit geratener venezianischer Truppen zustande gekommener Sieg; außerdem als der Beginn französischer Präsenz in Norditalien und schließlich als Bestätigung eines frisch eingesetzten Monarchen, Franz I., der sogar von Pierre Terrail de Bayard zum Ritter geschlagen wurde. Hier wie auch bei anderen in dem von Alain Corbin herausgegebenen Buch erwähnten Ereignissen liegt die mythische Dimension jedoch auch darin, dass in der gleichen Absicht ebenso andere Schlachten oder Ereignisse hätten ausgewählt werden können, aber in den Darstellungen gerade dieses eine Ereignis einen besonders wichtigen Platz einnimmt.

1515 besitzt in gewisser Hinsicht auch aus der Perspektive der Schweizer Geschichte eine mythische Dimension. Zwar bedeutet hier 1515 unbestreitbar eine Niederlage, ein Zusammenbruch mit Tausenden von Toten. Aber Mythenschöpfer haben schon ganz andere Dinge erlebt. «Nach Marignano», schrieb in den Dreißigerjahren der reaktionäre Gonzague de Reynold, «ist die Schweiz für die europäische Geschichte nicht mehr interessant. Sie beginnt sich abzuschotten.» So kann also, indem man besagte Niederlage als Grund dafür betrachtet, dass die Schweiz zu ihrer vermeintlich defensiven und abgeschotteten Identität und vor allem zu ihrer Neutralität fand, eine wunderbare Umdeutung stattfinden und eine Geschichtslegende mit Ausgangspunkt Marignano entstehen.

1515 ist in der heutigen Schweiz aber noch aus einem anderen Grund mythisch überhöht. Denn wer waren diese «Schweizer», um die es 1515 ging, die niedergemetzelt wurden und die berühmte Schlacht verloren? Die teleologische Verwechselung eines älteren Bündnisses zwischen ein paar Alpenregionen, jener dem Aristokraten Gonzague de Reynold so wichtigen «alten Schweiz» mit einem modernen Staat, der erst 1848, also viel später als die fraglichen Ereignisse gegründet wurde, ist wahrhaft problematisch. Vergangenheit wird nie und nimmer verständlich, wenn man sie nur unter dem Gesichtspunkt späterer Entwicklungen betrachtet. Ein wichtiger Teil der Erzählung von der Schweizer Nationalgeschichte zwischen dem 13. und dem 19. Jahrhundert besteht also aus verschiedenen lokalen Erzählungen, die nichts mit dem modernen Bundesstaat zu tun haben und einen Großteil seiner Territorien gar nicht betreffen. Diese Erzählung bzw. Geschichtswiedergabe wurde erst im Nachhinein gesponnen, um in einer Zeit, da man sehr um die Erfindung einer Tradition bemüht war, die Existenz eines unerwarteten Landes zu rechtfertigen, das mitten im 19. Jahrhundert nach einem kurzen Bürgerkrieg, dem Sonderbundkrieg, entstanden war. Die Schlacht von Marignano betrifft somit im Grunde nur Truppen der Alten Eidgenossenschaft, nur Soldaten, die kapituliert hatten, und Söldner, die einzig und allein der Verlockung des Geldes gefolgt waren. Sie sind zu Tausenden gestorben, weil sie eine üble Sache stur weiter verfolgt hatten. Und die einzige Lehre, die sich aus dieser Geschichte ziehen lässt, ist die der Absurdität von Krieg und kollektivem Sterben in einem Kampf von ausschließlich finanziellem Wert.

1515, die Schlacht von Marignano – verdient sie unter diesen Umständen wirklich eine Gedenkfeier? Vielleicht ja, wenn es denn darum ginge, den Gedanken von Schlacht und kriegerischem Gemetzel in Frage zu stellen, um mit der Vorstellung des besagten Gonzague de Reynold aufzuräumen, der schreibt, dass «die Schweiz auf einem militärischen Gedanken begründet ist». Aber den Initiatoren der für 2015 geplanten Gedenkfeier geht es um etwas ganz anderes. Die Projekte der Pro Marignano Stiftung, von rechten und linken (sic) Nationalräten unterstützt, stimmen nachdenklich. Sie werden damit gerechtfertigt, dass diese Schlacht für die Schweiz «das Ende der eidgenössischen Grossmachtpolitik und der Anfang einer Wende hin zum jahrhundertealten Stillesitzen bzw. ein Markzeichen für die zukünftige Festlegung der heutigen Neutralität der Schweizerischen Eidgenossenschaft» sei. Eine anachronistische Feststellung. Und eine angebliche Wende, die keinen wirklichen Einfluss auf die Haltung der Schweizer Obrigkeiten gegenüber dem Nationalsozialismus noch im kalten Krieg hatte. Der Gedanke der Schweizer Neutralität, dessen Bedeutung sich je nach geschichtlichen Zusammenhängen wandelt, ist gewiss ein Geschichtsmythos. Glücklicherweise hat der Bundesrat sich von den genannten Argumenten nicht wirklich überzeugen lassen, sondern kundgetan, er fördere «die Idee, aus der eigenen Geschichte Einsichten zu gewinnen, die wesentlich zur Friedensförderung sowie zur Stärkung der Menschenrechte beitragen. [Was bedeutet], dass Veranstaltungen zur Erinnerung an Marignano hauptsächlich ohne Bundesmittel finanziert werden müssen.» Man wagt zu hoffen, dass diese Entscheidung nicht nur aus haushaltpolitischen Gründen getroffen wurde.


Quellenangaben

Alain Corbin (Hrsg.), 1515 et les grandes dates de l'histoire de France. Revisitées par les grands historiens d'aujourd’hui, Paris, Seuil, 2005.

Jocelyn Létourneau, Je me souviens? Le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse, Montréal, Fides, 2014.

Gonzague de Reynold, La démocratie et la Suisse. Essai d’une philosophie de notre histoire nationale, troisième édition revue et augmentée, Bienne, Les Éditions du Chandelier, 1934.

»500 Jahre Schlacht bei Marignano«, Interpellation 13.3550, eingereicht von Nationalrat Marco Romano am 20. Juni 2013, siehe www.parlament.ch



Charles Heimberg ist Historiker und Professor fr Geschichtsdidaktik an der Universitt Genf. Er war Krankenpfleger in der Psychiatrie, Lehrer und Ausbilder von Lehrern. Seine Werke befassen sich vor allem mit der Sozialgeschichte der Arbeiterkmpfe und der Geschichte der beiden Weltkriege, mit den verletzten und untergeordneten Erinnerungen, der Vermittlung eines historischen Denkens, der ffentlichen Nutzung und dem Aufbau einer Verstndlichkeit der Vergangenheit.





Georg Kreis

Traduction: Ariane Gigon

Et si Marignan navait pas eu lieu?

Si Marignan navait pas exist, Christoph Blocher, qui, au moins sentimentalement, y tait dj, ne serait certes pas pauvre, mais plus pauvre quaujourdhui. Et son idologie serait encore plus misrable. Il ne pourrait pas se rfrer lissue montrant la voie suivre de la bataille de la plaine du Po, la battaglia dei giganti. Il ne pourrait plus se baser sur la soi-disant issue exemplaire du champ de bataille ltranger, issue qui lui permet de rendre le champ de bataille intrieur encore plus impitoyable.


Tor zum Schlachtfeld von Marignano

Le portail, vestige du champ de bataille. Porte vers le pass ou vers lavenir? Photographie prise par lauteur, le 27 dcembre 1996. Il est possible quelle nexiste plus aujourdhui.


Mais, contrairement ce que beaucoup de gens pensent, Marignan na pas mis un terme la politique active, cest--dire la politique extrieure dune Suisse prsente ltranger, et na en tout cas pas marqu le dbut de la neutralit. Cela aurait t totalement incompatible avec la paix perptuelle conclue une anne aprs Marignan, le 29 novembre 1516, avec Franois Ier, le jeune monarque franais vainqueur de la bataille. On peut effectivement dcrire cet accord comme un accord colonial. Il a li la Suisse, unilatralement, pour des sicles, la France, mais a aussi garanti aux marchands suisses de pouvoir continuer avoir accs au march franais. Lalliance franco-suisse de 1521 a ensuite assur la Suisse des rentres financires (on parlerait aujourdhui de devises) et la vitale importation de sel. De cela, les idologues de Marignan ne parlent jamais, eux qui utilisent, des fins de propagande, la fin de la guerre en Italie du Nord pour lutter contre un partenariat souverain et pacifique avec lEurope multilatrale.


De fait, linstar de la remise en question, rgulire, de la prsence des Amricains sur la lune (nont-ils pas reconstitu et film les scnes en studio?), on pourrait se demander si Marignan a vraiment eu lieu. Et, celles et ceux qui sont indigns par ce genre de questions, on peut rpondre quil est, tout de mme, permis de poser la question. Les 13 et 14 septembre 1515, aucun reporter de guerre et aucun journaliste embedded ntaient sur place pour livrer, sans dcalage chronologique, quasi en temps rel, un compte-rendu de la rencontre frontale entre 60000 et 70'000 combattants prs de Marignan, au sud-est de Milan. Prs de 6000 Confdrs auraient perdu la vie sur le champ de bataille. Le nombre des survivants est toutefois encore plus grand, et certains dentre eux ont laiss des tmoignages crits.


Se demander si la bataille de Marignan a bel et bien eu lieu, cest comme se demander si le Pacte fdral de 1291 est authentique. Pour les superpatriotes, un examen de ce type, qui va de soi pour les scientifiques, reprsente dj une attaque envers la nation. En comparaison, mme les plus fervents catholiques ont gard leur calme, en 1988, lors de la datation au carbone 14 du Saint-Suaire de Turin ( ne pas confondre avec le voile de Vronique). On a donc le droit de poser la question. Dans le cas du Pacte fdral, il a t tabli que le matriel provenait bien de lpoque en question. Le document est donc authentique. Aussi authentique que la bataille de Marignan a t relle.


Mais le problme est ailleurs. Dans les deux cas, il rside dans limportance que lon accorde lvnement. Lhistorien ne considre pas le droulement des faits de manire unidimensionnelle dans leur ralit factuelle, mais il se demande quel effet cette dernire a eu, de faon relle (par exemple avec lalliance, troite, franco-suisse de 1516) mais aussi sur le plan des reprsentations. Celles-ci ont leur propre ralit, une ralit de deuxime degr, souvent plus puissante, en terme deffets, que la ralit elle-mme.


Ce que cet vnement a apport sur le plan symbolique doit nous intresser. A lpoque mme, il eut des rpercussions considrables, ne serait-ce que par les diffrences dengagement entre Confdrs eux-mmes. Linterprtation moderne est toutefois diffrente. Elle remonte une analyse relativement tardive, datant de la fin du 19e sicle. Nous pouvons suivre ici lhistorien suisse Andreas Suter, qui enseigne Bielefeld et qui remarque, en forant la conclusion de Franois Walter, que la bataille de Marignan (a t) manifestement vite oublie, et elle lest reste longtemps. Dans les sources des 16e, 17e et 18e, on ne trouve aucun lment montrant que la bataille serait reste prsente dans la mmoire historique populaire. (p. 152). Ce nest que dans les annes 1880 que Marignan a t vue comme le lieu de naissance de la neutralit en tant que maxime auto-proclame pour ancrer la position de la Suisse, subissant, lpoque les tensions entre Etats voisins, dans sa propre histoire et, en mme temps, pour dsamorcer la menace du droit dintervention des garants de la neutralit du Congrs de Vienne de 1815. (Suter, A. 167).


En 1974, lhistorien zurichois Emil Usteri, qui tait, dans ces annes-l, le plus assidu travailler sur les vnements de Marignan, tait arriv la conclusion que linterprtation faisant intervenir la neutralit tait luvre des gnrations ultrieures et que 1515 navait rien dcid sur lattitude venir vis--vis des affaires extrieures. Et le respect chef des pages culturelles de la NZZ, Hanno Helbling, souligne encore, dans la prsentation quil fait de louvrage dEmil Usteri: Lorsquon y regarde de plus prs, la csure ne parat pas aussi forte un rsultat qui survient souvent lorsquon regarde de plus prs. (NZZ, 14/15 dcembre 1974). En 1994, lhistorien genevois Franois Walter remarque aussi, dans sa dissertation, quil faudrait encore tudier quand et comment 1515 a t interprt comme csure (p. 493). A ses yeux, il est clair que les 19e et 20e sicles ont donn Marignan la signification souhaite pour rpondre aux besoins du moment (p. 503).


Pendant les presque dix annes quont dur ses recherches, Emil Usteri a tudi quantit de sources contemporaines de lvnement, dont des registres de faveurs, les chants populaires et les reprsentations graphiques. Ce sont ces documents qui lont conduit ses conclusions. Ils sont autant dindications que Marignan a bel et bien eu lieu, mais ils ne fournissent pas un mode demploi simple pour comprendre la bataille. Pourquoi cette publication est-elle survenue, prcisment, en 1974? Aucun anniversaire ntait en vue. Louvrage de prs de 600 pages tait pourtant le rsultat tardif de lanniversaire de 1965. Werner Oswald, prsident du comit en mmoire de la bataille de Marignan, chimiste et fondateur dEMS-Chemie, en a sign la prface. Ag de 24 ans, tudiant en droit, Christoph B. en tait aussi. Ancien condisciple dun fils de Werner Oswald, il connaissait le patron, qui la engag, quatre ans plus tard, dans la division juridique de lentreprise, ce qui fut le point de dpart de la reprise dEMS-Chemie aprs 1979. Tout cela, dune certaine manire, grce Marignan.


Le comit de 1965, qui comprenait, outre Werner Oswald, dautres poids lourds de lconomie, avait aussi fait restaurer une petite chapelle locale pour ce 450e anniversaire et fait construire un monument en pierre. Avec son slogan latin ex clade salus, le monument revendiquait une splendeur particulire. La traduction aprs la dfaite, le salut , naurait pas suffi. Quil soit prcis ici que la Fondazione Pro Marignano cr il y a quelque cinquante ans par le comit a repris ses activits en 2012 dans la perspective du 500e anniversaire.


Une question demeure: quel intrt les patrons de lconomie la Oswald trouvaient-ils et trouvent encore dans des rcits historiques enjolivant la ralit? Il sagit dentretenir une variante de conservatisme nationaliste qui, avec sa dfense de larme, de lautorit et de la neutralit, non seulement ne gche pas les affaires conomiques internationales et la main mise de llite conomique, mais, de plus, les renforce. Avec Marignan, il est aussi possible de vanter la vertu de la discipline, grce laquelle les Confdrs se sont replis non pas directement vers le rduit national, mais vers le duch de Milan quils assigeaient encore.


La belle unanimit qui rgnait encore largement en 1965 entre les forces dirigeantes de lconomie, de la politique et de larme sest toutefois largement effondre les dcennies suivantes. Lappel lanc en 2003 par le chef idologue du groupe de rflexion Avenir Suisse, aliment par lconomie, peut tre vu comme symptomatique de cette volution. Stefan Flckiger y fustige la pense dominante comme tant celle dune socit la Marignan qui prconise le retrait helvte vers une modeste neutralit et le scepticisme vis--vis de ltranger, au lieu de reconnatre que Marignan est le symbole de lchec fatal dune tape de modernisation, dun tat desprit se surestimant de faon dramatique et dune persistance de catgories ayant survcu mais sacrosaintes (NZZ, 5 septembre 2003).


En 1965, Oswald, Blocher et dautres auraient aussi pu rappeler le souvenir de Morgarten, au lieu de Marignan, survenu la mme dcennie, mais deux sicles plus tt, 1315 et non 1515. Cette bataille donne aussi lieu des rflexions historiques. Elle est mme plus ancienne. Pourquoi ne lont-ils pas fait? Nous en sommes rduits formuler des conjectures. Morgarten symbolise le refoulement dun intrus, Marignan, en revanche, lide, en apparence, quil tait ncessaire de se limiter soi-mme. Les lites du 20e sicle ont ainsi voulu rappeler que cette limitation de la collaboration suisse dans le projet dintgration europenne tait un engagement historique. Les entrepreneurs suisses qui avaient peur pour leur indpendance conomique sinquitaient probablement du plerinage du Conseil fdral Bruxelles en 1962, un Conseil fdral qui avait signalis sa disponibilit abandonner la voie spciale thorique inaugure en 1515 et prparer lannexion de la Suisse par la CEE. Ces conseillers fdraux tratres ntaient autres que Friedrich Traugott Wahlen (PAB/UDC!) et Hans Schaffner (PLR).


Nous devrions ici nous arrter un instant sur ce que signifient les changements et les csures et comment ils sont si volontiers mal compris. Les idologues de Marignan nont personnellement rien contre les changements et les csures, pour autant quils naient lieu quune fois et dans la direction qui leur convient: changer en abandonnant la politique de grande puissance pour se dtourner, ternellement, du monde, avec une politique officielle et explicite; changer, pour ne plus accepter aucun changement; changer, pour apparemment se raliser soi-mme. En 1992, avec son appel de Marignan, Christoph Blocher a gagn la bataille mene lpoque pour lavenir proche de la Suisse. Mais lavenir est, fondamentalement, ouvert, il continue, toujours plus loin. Lavenir dhier a fait place lavenir daujourdhui et celui de demain. Les accords bilatraux consolids suivront ou alors ladhsion lUE.


Si une csure a eu ou avait eu lieu en 1515, rien ne permet daffirmer quaucune csure ne doit plus se produire aujourdhui ni quaucun autre changement ne se produira plus dans une poque venir. Concrtement: mme la dcision de 1992 contre lEEE est, fondamentalement, susceptible de changer. Tout le monde sait que la composition du gouvernement fdral est aussi modifiable. Lerreur de 2003 llection de Christoph Blocher au Conseil fdral a t corrige en 2007. Un lecteur de la NZZ a mme crit: Blocher a subi son Marignan personnel (commentaires en ligne de larticle du 12 dcembre 2007 www.nzz.ch/nachrichten/schweiz/bundesratswahlen_blocher_abgewaehlt_1.597907.html).


Avant Emil Usteri, dautres historiens staient dj penchs sur Marignan, en particulier Emil Drr et Ernst Gagliardi. Ce que le premier, blois et trs droite, avait crit en 1933 dans son ouvrage sur la politique des Confdrs lpoque des guerres de Milan , parat vident, mais ses crits peuvent aussi tre lus, dans le sens dj cit, comme une indication que les liens de la Suisse avec son environnement peuvent changer et se modifier. Il suffit de remplacer France par UE: La rapidit avec laquelle la Confdration, aprs une demi-dcennie de combat passionn contre la France (ou lUE), stait dclare prte conclure une paix durable abolissant le pass et assurant lavenir est tonnante. () Cette paix perptuelle (a tir) un trait pais sur le pass politique et a cr un lien absolu pour lavenir. () Les attaches de 1516 ont galement reprsent une garantie durable contre une grande puissance avec laquelle nous ne pouvions plus, de toute vidence, se mesurer avec nos propres moyens tatiques, et donc, aussi, un allgement long terme. Avec ces liens, cest aussi la fin dune poque de lhistoire de la Confdration suisse qui a t atteinte. (p. 672sq.)


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Bibliographie (par ordre chronologique de parution des ouvrages)


Emil Usteri, Marignano. Die Schicksalsjahre 1515/16 im Blickfeld der historischen Quellen. Zrich 1974.


Georg Kreis, Soll die Schweiz Marignano mit Geld zurckerobern? In: Basler Zeitung du 28 avril 1989 ( propos dun postulat de Konrad Basler au Conseil national demandant lacquisition du champ de bataille menac par lurbanisation)


Walter Schaufelberger, Strukturelle Grenzen eidgenssischer Militrmacht zwischen Mittelalter und Neuzeit. Zrich 1993.


Franois Walter, Marignan 1515: traces de la mmoire d'une bataille de gants. In: Des archives la mmoire, hg. von B. Roth-Lochner et al., 1995, S. 477-503.


Andreas Suter, Die Entdeckung von Marignano. Die Tradition der neutralen Schweiz als Erfindung des 19. Jahrhunderts. In: NZZ vom 13./14. Februar 1999. Bereits ausgefhrt in Eine kleine Geschichte der Schweiz. Frankfurt a. M. 1998. S.133-188.


Herv de Weck, Artikel Marignano im Historischen Lexikon der Schweiz, Oktober 2009.


Georg Kreis, Schweizerische Erinnerungsorte. Aus dem Speicher der Swissness. Zrich NZZ-Libro 2010. S. 71-85.





Guy Krneta

Die Gebeine von Marignano

Fr manche Tiere muss die Schlacht von Marignano ein Fressen gewesen sein. Innerhalb von zwei Septembertagen verblutete hier ein Mehrfaches der Opfer von Nine-Eleven. Und lag tage-, wochen-, monate-, ja jahrzehntelang unter freiem Himmel. Von der Sonne gednstet, vom Regen aufgeschwemmt. Je nach Wind verbreitete sich der Geruch der Verwesenden in alle Himmelsrichtungen. Und zog alles an, was sich fr diese Sorte Frass interessierte. Zehntausende menschliche und tierische Krper, von Spiessen durchbohrt, die Schdel gespalten, die Schenkel weggeschossen, zerkratzt und zerbissen, aufgeknpft an Bumen und totgetrampelt von den eigenen Leuten. Das Krperfett der Feisteren soll den Kriegern selbst noch als Schmiermittel und Stiefelfett gedient haben. Danach kamen die Hunde und Katzen, die Fchse und Wlfe, Vgel aller Art. Sie spielten mit Hnden und Fssen, zerrupften die Innereien, verteilten die Eingeweide kilometerweit in der Gegend. Es folgten Ameisen und Kfer und immer kleineres Getier, sobald das grssere abgezogen war.

Sieben Generationen spter wurde zu Ehren der Gefallenen ein Beinhaus errichtet. Immer wieder mal war ein Bauer beim Pflgen auf Knochen von Mensch und Tier gestossen, fr die es nun eine zentrale Sammelstelle gab. Doch weil nicht gengend sterbliche Reste zu finden waren, wurde die Bevlkerung aufgerufen mitzuwirken. Immerhin lag die Sache so weit entfernt wie uns die Napoleonischen Kriege. Was kam da nicht alles zusammen. Aus entfernten Gegenden brachten die Menschen, was sie an Gebein auftreiben konnten: Hhnerknochen, Wildschweinschdel, selbst die berreste von Mgden und Knechten, die gut hundert Jahre nach der Schlacht geboren waren. Ein Beinhaus will gefttert sein. Dann berliessen sie die heilige Sttte Wind und Wetter. Und dem Strassenverkehr.

Dreihundert Jahre spter wurde der von einem Laster gerammte Steinhaufen zur neuen Gedenksttte aufgeschichtet. Wurden die Knochen suberlich entstaubt, als handelte es sich um Prparate aus einer medizinhistorischen Sammlung. Basler Rathausturm Zogen die Menschen in Scharen nach Marignano, um sich auf dem blutigen Boden der Vergangenheit Hrnli und Gehacktes servieren zu lassen. Gesichtsloser Menschen zu gedenken, wie jenes traurigen Hans Br aus Basel. Der sechs Kinder hinterliess und ein Fahnentuch rettete. Und als Dank dafr seit ber hundert Jahren am Basler Ratshaus die Zge des Architekten Eduard Vischer tragen muss. Whrend sich die Tiere in Stellung bringen, die Reste des Schlachtfests zu verspeisen.



Guy Krneta ist Dramatiker und Spoken-Word-Autor. Er lebt in Basel. Er ist Mitglied von Bern ist berall und Mitbegrnder der Netzwerks Kunst+Politik. Im September erscheint sein neues Buch Unger s Familienalbum.





Jo Lang

Traduction: Ariane Gigon

Zimmerwald au lieu Marignan!

En septembre 2015, la Suisse officielle ftera le 500e anniversaire de la bataille de Marignan. Il est temps dopposer la symbolique nationalo-militaire une autre option, humanitaro-civile. Le 100e anniversaire de la Confrence internationale pacifiste de Zimmerwald, qui sest tenue en septembre 1915, sy prte bien.

Marignan est prsente comme la fin de la politique de grande puissance de la Confdration et le dbut de la neutralit. La division de croyances qui a suivi peu aprs a toutefois contribu de faon plus dcisive au refroidissement des vellits de politique trangre que la dfaite dvastatrice du 14 septembre 1515. Le lien entre la neutralit et Marignan na t fait que 176 ans plus tard.

Une des plus consquences les plus importantes de Marignan a t que laccs au plus march humain le plus significatif dEurope a ainsi t ouvert aux vendeurs franais. Cest ce qucrit lhistorien Jean Facquart dans sa biographie de Franois Ier, du vainqueur de la bataille. De plus, la Confdration, except loccupation bernoise en terres vaudoises, na plus men de guerre elle-mme en dehors de ses propres frontires. Mais elle en a nourri, avec ses soldats. Selon le pasteur et statisticien zurichois Heinrich Waser, opposant farouche au service tranger excut en 1780 pour sa dfense des Lumires, environ 1,1 million de mercenaires suisses au total avaient servi les monarques franais. Seul un tiers dentre eux sont rentrs indemnes. Grce au systme de soldes, quelques entrepreneurs de guerre isols ont ainsi pu devenir trs riches.

Cest ainsi que nous arrivons la Premire guerre mondiale, nourrie par les armes de la Confdration. En 1917, le Conseil fdral constate quune grande partie de lindustrie suisse des machines est en fait devenue une industrie de guerre. Le socialiste Robert Grimm organise alors les runions des pacifistes europens Zimmerwald et, une anne plus tard, Kiental, pour protester contre le massacre qui tait en train de rendre des profiteurs locaux trs riches. Les confrences pour la paix comme celle qui eut lieu du 6 au 9septembre 1915 ont le contenu universel que la neutralit peut avoir.

Selon linterpellation dpose par un conseiller national PDC tessinois, et mme signe par des socialistes, le souvenir de Marignan est de nature entretenir lesprit militaire dans notre pays. Un tir commmoratif aura lieu au Tessin, une exposition dhistoire militaire sera organise au Muse national et dautres vnements de nature militaire seront dment commmors. Rpondons au militarisme par le pacifisme, au nationalisme par luniversalisme, Marignan par Zimmerwald!



Jo Lang (1954) a grandi dans le Freiamt argovien, a obtenu sa maturit Zoug puis a tudi lhistoire, la philosophie et les lettres allemandes lUniversit de Zurich. Il a obtenu un doctorat en 1981 avec une dissertation sur la rsistance basque contre le franquisme. Entre 1982 et 2004, il a t membre du parlement de la ville de Zoug puis du canton. Il a sig au Conseil national de 2003 2011. Lhistorien indpendant est aussi vice-prsident des Verts suisses et membre du Comit du GSsA.





Pedro Lenz

Marignano-Musig uf M

Mngisch mischlet me,
mngisch meint me Morgarte,
mngisch meint me Murte,
mngisch Muchsuppe,
Muchtau, Minger, Mabillard,
und mngisch meint me
ds massive Martyrium
z Marignano bi Mailand.

Me mischlet afe mou,
me mischlet chli Mythe
und me meint,
me mess meh und meh
und immer no meh
mythologisch umemurggse,
me mess d Milizarmee
und d Meinigsfreiheit
mythologsich ungermuure,

Me meint me mess die
Mythologie-Mayonnaise,
di mythologischi Marschmusig
mit der Muetermuch mmmele,
mou moderat, mou melancholisch,
aber meischtens massiv,
immer Muchtau,
immer Murte,
immer Morgarte,
immer Marignano,
moduhafti Muschter
vo marschierende Manne
us em Mittuauter
macht me zum Mantra
vor moderne Memokratie,
vor Melvetische Meutralitt.



Pedro Lenz, 49, ist Schriftsteller und lebt in Olten. Lenz ist Mitglied des Autorenkollektivs Bern ist berall. Sein Geschichtenband Radio erscheint im September beim Verlag der gesunde Menschenversand in Luzern.

www.pedrolenz.ch





Gerhard Meister

Marignano fr die Mittelstufe (Eine Lektion)

Also mal zuhren liebe Kinder, Marignano liegt zwar ein Stck weit zurck und alle, die da mitmachten, liegen schon seit lngerem in ihren Grbern, aber trotzdem ist das eine Sache, an die man sich besser erinnern sollte. Wir Schweizer haben damals nmlich etwas gelernt ber den Krieg und das Totschlagen, was wir bis heute nicht vergessen haben. Vor Marignano dachten wir, dieses Totschlagen sei toll und ein so richtig hbscher Heidenspass. Na ja, vielleicht ist das bertrieben, aber nach ein paar Schnpsen und voll im Testosteron wie die damals im Mittelalter waren, hat es ihnen vielleicht doch Spass gemacht, sich zu einem eidgenssischen Schlachthaufen zusammenzurotten und ausgerstet mit Langspiessen gegen alle Seiten sozusagen als stachliger Igel sich an diese Ritter heran zu machen und sie mit der Hellebarde aus ihren Steigbgeln zu heben, um sie dann, wie sie so dalagen wie die Kfer auf dem Rcken, abzumurksen.

Ja, und dann wurde in Marignano der moderne Krieg erfunden mit Schiessgert, das einen zu Matsch macht, bevor man seine Hellebarde berhaupt zur Hand genommen hat. Dieses neue Schiessgert, das den Schweizer Igel kaputtgehauen hat, heisst brigens Artillerie. Aber das nur am Rand. Wichtig ist die damals erteilte Lektion. Auf solche Weise in Stcke gerissen zu werden, das ist nicht einmal vollbesoffen ein Spass, sondern von A bis Z ein Scheisserlebnis. Und das haben wir Schweizer schon damals, 1515, begriffen, whrend andere die Schtzengrben des Ersten Weltkriegs brauchten, bis endlich auch sie kapierten, dass dem Tod frs Vaterland die propagierte Ssse zu hundert Prozent abgeht. Ja, da waren wir Schweizer schlauer, Jahrhunderte vor allen anderen haben wir begriffen, dass Krieg Scheisse ist und man besser zuhause bleibt. Und darauf drfen wir heute noch stolz sein. Das ist unsere ureigene eidgenssische Tradition der Kriegsdienstverweigerung.

Da gibt es brigens ein sehr schnes Lied von einem tollen Typen, der heisst Boris Vian und hat die Sache perfekt auf den Punkt gebracht und das sogar, obwohl er kein Schweizer ist. Lasst uns das mal singen und dann schreiben wir als Klasse einen Brief an den Bundesrat und schlagen ihm den Song als neue Nationalhymne vor. (Die Klasse singt zum Abschluss der Lerneinheit das Kriegsverweigererlied von Boris Vian in der schweizerdeutschen Fassung von Franz Hohler.)



Gerhard Meister ist im Emmental aufgewachsen und hat in Bern Geschichte und Soziologie studiert. Er schreibt Theaterstücke und Hörspiele und geht mit seinen Spokenword-Texten auch selber auf die Bühne. Er macht mit bei Bern ist überall und ist mit der Kontrabassistin Anna Trauffer im Duo meistertrauffer unterwegs. Seine Geschichten sind unter dem Titel Viicher & Vegetarier auch als Buch erschienen.





Beat Sterchi

Ferdinand Hodler: Mein Rckzug

Natrlich habe ich an der Ausschreibung teilgenommen. Ich habe immer an allen Ausschreibungen teilgenommen. Il faut vivre! Aber an dieser Ausschreibung fr den Waffensaal in Zrich musste ich teilnehmen! Als htte ich keine Ahnung von Kampf und Tod! Meinen die hier in Genf sei alles nur voil l'omelette sur l'assiette!

Die Ausschreibung machten sie am 1. August, schon im Dezember hatte ich meinen Wettbewerbsentwurf und Ende Januar gab es den ersten Preis. Dann ging es los, das Kesseltreiben.

Schweizer Landesmuseum

Wer behauptet denn, die andern htten nicht auch gearbeitet? Aber ich habe mehr gearbeitet! Wie ein armes, von Menschen geplagtes Tier habe ich gearbeitet! Keiner der Herren von Zrich hat es gemerkt. Mein Marignano! Mein Rckzug! Nie und nimmer! Ob Zweihnder oder Hellebarde, das ist keine Sache. Aber die Typen. Der Menschenschlag. Die Leute, die ich gemalt habe, das sind die Leute, die sich noch heute so schlagen wrden. Das sind Leute vom Pfluge. Keine Herren! Um fr sie die richtigen Modelle zu finden, habe ich im Oberland ein Atelier eingerichtet, bin nach Uetendorf gefahren, mit der Drerscheibe und allem und bis nach Sigriswyl hinauf bin ich gegangen. Jawohl. Und mehr als einisch. Der Kmpf, der Fuhrhalter wollte und wollte nicht anbeissen. Aber ich wollte das beste Modell und dann hatte ich ihn mon bonhomme! So einen wie den Fuhrhalter Kmpf aus Sigriswil htte ich in Zrich jedenfalls keinen gefunden! Der steht jetzt dort rechts aussen, deckt den Rckzug wie nur einer einen Rckzug decken kann.

Und immer und immer wieder diese nderungen! Die Kommission, der Bundesrat. Alle wollten immer wieder nderungen. berall habe ich gezeichnet und gemalt. Diese Berge von Zeichnungen. Im Zeughaus und in einer Scheune im Mnzgraben in Bern. In Genf zu malen hatte wenigstens den Vorteil, dass ich Freunde als Modelle hatte. Der Rodo und der Trachsel, die wissen auch, was es heisst, auf das Dach zu bekommen. Knstler wissen, was es heisst, auf das Dach zu bekommen! Meinen Gring habe ich dann auch noch hineingemalt. Gerade nur als geschlagener Hund wollte ich nicht dastehen, weil die ffentliche Meinung, ja natrlich die ffentliche Meinung ist die ffentliche Meinung. Aufgestachelt hat man sie! Aber ich bin Knstler. Bin ich Knstler, um die Stimmen zu hren, die aus dem Rudel heraus Mordio schreien? Da gibt es noch andere Stimmen. Als Knstler weiss ich doch, auf welche Stimme ich hre. Sonst knnte ich ja gleich den Malkasten zusammenpacken und die Staffelei verbrennen! Und dieser Direktor! So einer hat immer Recht. Dabei hat er gar nicht hingeschaut, nichts hat er gesehen. Die Farbe wrde mich reuen, von dem auch nur den Hosenboden zu malen. Aber das mit dem Rechthaben ist sowieso etwas anderes als das Rechtmachen. Auch wenn die das in Zrich anders sehen. Recht haben wollen ist das eine, aber es allen recht machen das andere! Faut le faire comme il faut!

Ich habe es Ihnen auch gesagt, diese Komposition passt in die Nische der Wand, wie ein Handschuh an eine Hand und 7 Meter ber dem Boden! Dieser Sehwinkel! Dem muss man Rechnung tragen. Man hat nicht lange Mhe, die Szene zu verstehen.

Was mich das gekostet hat? Mehr als drei Jahre! Als wrde man ewig leben.

Es ging halt wie mit der Nacht. Meine Nacht wollten sie auch nicht sehen, ich wollte ihnen die Nacht zeigen und habe sie so gemalt, dass man sieht, wie die Nacht ist, aber sie wollten sie nicht sehen, die Nacht, den Krieg wollten sie auch nicht sehen. So wie die redeten! Die wollten doch einfach wieder tapfere Ritter auf dem hohen Ross! Ich male aber keine Ritter! Keine Feldherren! Ich male die Krieger aus dem Volk. Ich kenne diese Krieger. Diese Krieger wollten sie aber nicht, schon gar nicht mit weggeschossenen Beinen. Meinen Fhndrich fanden sie dgotant. Sie wollen einen schnen Krieg, die Verwundeten wollten sie nicht sehen, schon gar nicht blutberstrmt. Das finden sie roh und abstossend. Sie wollen Schnheit. Aber Krieg ist Krieg und die Wahrheit kommt vor der Schnheit. Voil. Die Schnheit, die sie meinen! Eine schne Schnheit!



Beat Sterchi wurde 1949 in Bern geboren. Er ist Theaterautor und Spoken-Word-Performer bei Bern ist berall. Er schreibt auch Prosa, Gedichte und Reportagen.





Anne-Sophie Subilia

Les osselets

Il faisait noir. Une de ces nuits alpines, bourres dtoiles aussi palpables que le bronze des canons. Il avait froid, il nen pipait pas mot. Il songeait un peu sa femme, noiraude, petite, boulotte et chaude, au lopin quil comptait se payer avec la solde promise. De temps autre lui venait une pense pour sa mre. Mutti Alors, ayant tir cette ficelle-l, toute sa jeune vie lui revenait dans les yeux dun coup. Sous le casque. Les toiles agrandies. Il tentait de dormir un peu, malgr les ronflements. Au rveil, il maudissait lapparition dengelures qui allaient le ralentir. Il dcouvrait au dtour dune paroi son reflet maigrichon, cras dans la peur. demi-mot, avec les autres embusqus, il arrivait quils jouent ce qui serait fait de leurs os aprs les combats: une flche, disait lun. Une flte, disait lautre.
Il aurait donn cher pour avoir plutt le courage dtre un mutin de Marignan.

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Il navait pas froid, jamais. Rompu au drill. Sa vie durant. Il rongeait donc cette nuit comme un tibia, avide datteindre laube rapidement. Prt piquer, tuer, rompre des vies. Au nom dun droit. Lesprit cingl. De ses lvres dbordaient des chants et quelques rots. Il palpait sa bourse, il se frottait les couilles. Dimpatience. Il se dressait dru dans la noirceur. Il venait dcarter les Alpes. Il continuerait de jeter sa faconde la face de toute son infanterie : quand viendrait le pont, le prochain cul-de-sac et surtout, quand viendrait la masse de viande abattre. De loin, ils formaient cette faction de titans. Gauche, droite, gauche, droite, la cadence des gants,
et lui: les poumons dj en Italie.

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Il connaissait le sort des autres. Il agissait ds laube. Reniflant la bidasse. Il aiguisait ses yeux. Band, en transe. Les autres: il les saignait blanc, les vidait. Des truites. Ensuite, il rcurait dans lordre: couteaux, couperets, lames, broches. Au soir, il gravait des symboles dans le cuir, faisait des urnes avec les crnes.
Depuis peu, il connaissait son sort aussi. Pour cela il se rasa la tte fond. Et cette tte, un matin, il la mit dans la bouche du tout premier canon.

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Il tait glorieux, cuirass, forcen.
Il avait froid, soif, envie de pisser.
Il avait les tripes dvastes.
Il tait moribond.
Il tait la nuit, la proie, le soleil.
Il tait leffroi. Il tait la pierre.
Il avait lil dun aigle, les forces dcuples.
Il tait sueur, richesse et victoire.
Il tait souffle et soulagement.
Il vomissait. Il baignait dans son sang.
Il tait rle, il tait rien.
Il criait. Il priait.
Il allait, nallait pas revenir de l.

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Comment parler deux
maintenant

parler deux,
fantmes

maintenant
sous lherbe

comment
poussire
parler,

crnespiqus

comment,
fivre, jeu,
drapeaux

et dessous,
ces milliers dosselets

3 juillet 2014



Dorigine belgo-suisse, Anne-Sophie Subilia est ne Lausanne en 1982. Elle a suivi des tudes de lettres lUniversit de Genve. Titulaire dun diplme denseignante de franais langue trangre, elle a vcu quelques annes Montral. En 2010, elle devient membre de La Traverse Atelier qubcois de gopotique, o elle approfondit son got pour le nomadisme et lcriture du lieu. En Suisse, elle collabore plusieurs projets dcriture-performance collective au sein de lAJAR, Association des jeunes auteurs romands, anime des ateliers dcriture et travaille dans le milieu associatif-ducatif. Son premier roman, Jours dagrumes, a t publi en 2013 aux ditions de lAire.





Thomas Zaugg

Clbrez Marignan, librez Hodler!

On peut fter Marignan. Mme le vnrer comme un lieu potique. Depuis des sicles, limagination des politiciens et des greffiers de lhistoire senflamme lendroit de la banlieue milanaise. Il y a toutefois assez de raisons sopposant la clbration de la dfaite.

Marignan, cest dabord lhistoire dune bataille entre la France et la Confdration servant Milan, une battaglia dei giganti, comme la dit le commandant adverse Gian Giacomo Trivulzio. Craints pour leur force offensive, les fantassins confdrs se sont jets dans les vnements guerriers avec violence, quand bien mme les Franais taient, militairement parlant, plus avancs. Les 13 et 14 septembre 1515, avec leurs canons, leurs haies et leurs tranches, les soldats du roi Franois Ier mirent en pices les Confdrs.

A ltranger, la clbration suisse du carnage en 2015 fera le mme effet, original, que lorsque le Conseil fdral avait jug bon, en 1989, de marquer le dbut de la guerre de 1939. Mme la gauche politique sintresse, aujourdhui, Marignan, puisque, en fin de compte, le sang vers en 1515 est cens avoir fond quelque chose comme la neutralit du pays. La retraite, une leon dhistoire?

A peine, puisque la bataille na eu aucun effet pdagogique. Une anne plus tard, quelque 25'000 mercenaires suisses se faisaient engager par les Franais et les Habsbourg. Trs peu de contemporains pas mme Zwingli qui, prchant lpoque sur le terrain, avait motiv les soldats destins la mort Marignan, taient devenus pacifistes. Peut-tre au moins neutralistes?

Mais on ne peut pas nommer neutralit, telle quon la connat aujourdhui, la pense ayant succd 1515. Au Moyen-Age, les puissants menaient des guerres justes dans lesquelles ils distinguaient le bien du mal. Il ny avait pas de partie neutre. Parfois, un puissant accordait bilatralement tel ou tel canton le droit de rester immobile, comme le vieil allemand le formulait. Il fallut attendre les guerres de la Rforme et la division intrieure suisse pour la Confdration, disons-le comme a, se retire.

Nous ne devrions donc pas trop nous projeter dan les hallebardiers de ces annes dcisives. Les Confdrs ont perdu Milan car beaucoup dentre eux taient trop pauvres pour acqurir les nouvelles armes feu et tous taient trop fiers pour les utiliser. Ceux qui tuaient un ennemi avec les coups malhonntes tait raills. Les tirs sont tombs comme la grle et nous courions dedans, dclame une chanson moqueuse de Niklaus Manuel. Le rformateur bernois parlait ainsi de la bataille de la Bicoque, une autre dfaite, sept annes aprs Marignan. Les adversaires avaient nouveau cachs les uns des autres, comme le blaireau et la marmotte, tuant bonne distance grce leurs armes feu. Sous la plume de Niklaus Manuel, les Confdrs provoquent avec une question incrdule: Pourquoi ntes-vous pas venus tout prs pour vous battre?

Certes, le Vatican a aussi commenc, cette poque, squiper dune Garde suisse en provenance des paysages alpins rocailleux, et Machiavel, dans une lettre lhomme dEtat florentin Francesco Vettori datant de 1513, dcrivait les Suisses comme bestiaux, vainqueurs et trs courageux. Mais lartillerie trangre a nettement contribu la victoire de 1515. Pour qui peuvent-ils donc servir de modles, ces compagnons de souffrances technologiquement sous-quips? Pour la droite nationalo-conservatrice? Pour larme suisse? Pour la place conomique et les fabricants darmes suisses qui doivent lutter contre la concurrence internationale?

Malgr cela, en 2015, Marignan sera clbr en grande pompe. Le Conseil fdral a dj rpondu aux postulats des parlementaires rclament une commmoration de Marignan et de Morgarten (1315). Il veut laisser la planification des vnements lesprit fdraliste, qui est, comme tout le monde le sait, illimit chez nous. Les conditions dune commmoration hystrique sont en tout cas dj runies chez les historiens. Il y a dune part la version prudente de lhistoire de la neutralit par Edgar Bonjour, qui date des annes 1960: des dcennies aprs Marignan, les Confdrs auraient encore livr des preuves suffisantes de force de vie exubrante, ce ntait pas comme si la force avait t brise et comme si elle tait immdiatement retourne sa retenue en politique trangre. Dun autre ct, les nouveaux historiens se surmnent pour rajeunir la neutralit, la faisant dbuter au 17e sicle (Thomas Maissen) ou mme seulement au Congrs de Vienne 1815 (Andreas Suter), soit 300 ans aprs Marignan, date laquelle elle aurait t gnreusement octroye par les monarchies qui se sont ainsi cr une zone tampon. Il est peu vraisemblable que les congrs prvus en 2015 parviennent runir les diffrentes positions des chercheurs. Dans le grand public, la vision dforme de lhistorien suisse qui voit toujours seulement le mauvais ct de la mdaille commmorative sera encore un peu plus btonne.

La transfiguration du discours a commenc en 1965, lpoque du 450e anniversaire de Marignan. Il ntait pas juste de gagner du terrain et de perdre de lessence, a ainsi crit lhistorien Georg Threr dans son ouvrage paru loccasion des festivits, comme si, en 1515, il y avait dj une essence suisse qui aurait enthousiasm les esprits des soldats. La dcision de renoncer une politique de grandeur extrieure correspondait cette essence intrieure bien que la retraite ait dabord reprsent une dception pour notre communaut de peuple. Lditeur de louvrage de Georg Threr, intitul Le tournant de Marignan ntait autre que Werner Oswald, patron de lentreprise Emser Werke. Le jeune Christoph Blocher tait alors le secrtaire de son comit pour la commmoration de la bataille de Marignan et de ses consquences. Aujourdhui encore, Christoph Blocher parle avec chaleur de ce comit et de louvrage de Georg Threr. Il a utilis lexemple de Marignan parmi les parlementaires lors de la campagne de votation sur lEEE en 1992, pour rappeler la valeur de la neutralit. Une neutralit que les dfenseurs de la patrie comme Oswald, Threr et Blocher considraient comme menaces en 1965: la haute conjoncture conomique apportait une amricanisation toujours plus grande de la culture et une perte de traditions. De plus, les premires critiques sur le rle de la Suisse pendant la deuxime guerre mondiale faisaient leur apparition et le Conseil fdral tait tent par une adhsion la Communaut conomique europenne.

Le plerinage de llite patriotique vers Marignan a compt des rangs fournis, avec, en tte, lancien conseiller fdral Philipp Etter et son propre comit Pro Marignan. Il y avait aussi des militaires, des intellectuels, des entrepreneurs et, au milieu, le jeune Blocher. A Mezzano, les patriotes ont fait btir lossuaire Santa Maria della Neve et, Zivido, un monument de lartiste Josef Bisamontrant un vieux Confdr en train de mourir, protg par un compagnon plus jeune. Linscription ex clade salus orne la scne, aprs la dfaite, le salut.

Manifestement, juste avant 1968, les vieux dfenseurs des valeurs traditionnelles sentaient quils allaient devoir endurer de nombreuses autres dfaites. Mais leurs esprits relativement poss comprirent aussi assez vite que Marignan ntait quun mythe. Une nouvelle uvre cl, commande par le comit de Werner Oswald, parut en 1974. Plus vaste que les travaux de Threr, la recherche dEmil Usteri estimait que placer le dbut de la neutralit suisse en 1515 ntait que trs partiellement juste. Ce qui est le plus souvent enseign lcole, savoir quaprs Marignan, sous la pression de la dfaite, les Confdrs avaient cess de se mler des affaires trangres, est erron, expliquait Emil Usteri. Nous devrions adresser notre reconnaissance ternelle aux Suisses reposant l-bas sur le champ de bataille, crit lhistorien dans sa conclusion, moins au nom de la neutralit (luvre des gnrations ultrieures), que pour avoir endur le champ de bataille. Cest grce au fait quils sont rests imperturbables que le Tessin a pu devenir une rgion apprcie sur le plan international et devenir le balcon sud de notre patrie, veillant un attachement sentimental trs fort chez nous, Suisses almaniques.

Devrions-nous remercier les prs de 10'000 Suisses tus dans la bataille pour nos vacances dt?

Pourquoi ne pas mieux restaurer la retraite des Confdrs telle que Ferdinand Hodler la mise en scne dans les fresques de la salle des armes au Muse national suisse Zurich, comme une provocation avant-gardiste? Des gnrations entires dcoliers y sont emmens pour y recevoir une leon sur le tournant de la neutralit. Ds les annes 1930 et avec lesprit de dfense nationale, alors que les fresques sur Marignan sont sur le point dtre imprimes sur des timbres et quelles dcoreront bientt la salle de sance du Conseil fdral dans son bunker, Hodler est transform en jodleur. A lorigine le peintre voulait pourtant montrer le peuple suisse ttu et fort, des gens de la charrue, une sorte desprit sauvage descendu vers la plaine italienne, comme le pensait Albert Anker. Pour Heinrich Angst, le directeur du muse en 1900, les fresques dHodler taient trop modernes, trop colores, trop sanguines, ct de toutes les hallebardes et de tous les canons, des fanions et des casques plumes. heute Pourquoi ne pas restaurer la salle des armes dans sa vieille strilit? Pourquoi ne pas librer les fresques dHodler de lombre de pdagogie musale actuelle? Elles pourraient tre vcues sans excs patriotique, comme les anciennes bandes dessines. Elles ne nous ennuieraient pas comme une peinture nationale, mais nous intresseraient par leur principale caractristique: le trait sauvage de lavant-garde!



N en 1985, Thomas Zaugg a tudi la philosophie, lhistoire et lhistoire de lart lUniversit de Zurich. Il est collaborateur rdactionnel du Magazin du Tages-Anzeiger et auteur de louvrage Blochers Schweiz.




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